Hautes chaumes, pénurie d’arnica : réchauffement climatique ou action humaine ?

La presse régionale s’est faite l’écho de la raréfaction brutale de l’Arnica cette année au Markstein ! Le Parc naturel régional des ballons des Vosges chargé entre autre de la gestion de la cueillette de cette plante remarquable du massif met en cause le réchauffement climatique, le manque de neige et la sécheresse. Ces deux dernières raisons étant logiquement la conséquence de la première, mais c’est mieux d’en aligner trois cela permet de mieux masquer les véritables causes.

Quelles sont-elles et pourquoi le Parc fait-il tout pour les cacher ?

Elles se résument à la modification des pratiques agricoles. Sur ces terrains, et sur de nombreux autres répartis sur la totalité du massif un petit nombre d’agriculteurs a entrepris d’intensifier la production des herbages. Fertilisation massive, retournement du sol et semis de mélanges résistant aux conditions climatiques se sont multipliés. En conséquence, la flore originelle, tapis de plantes rares aux couleurs éclatantes, est remplacée en de nombreux endroits par une association de graminées sélectionnées, ternes et pauvres en espèces mais à plus forte productivité. Cette pratique est un véritable crime environnemental. Elle a fait disparaître d’un seul coup et pour des dizaines, voire des centaines d’années, la flore, la faune et a dégradé le paysage. Ceci, au nom de rendements somme toute médiocres et d’intérêts privés limités à quelques personnes.
Il semblerait que les pratiques visant à modifier les sols aient encore évoluées. Elles ne font plus appel comme par le passé, au retournement des prairies, actions trop visibles et qui ne manqueraient pas d’alerter les protecteurs de la nature. Les sols sont aujourd’hui amendés de différentes manières afin d’en modifier le PH (unité de mesure de l’acidité).

1/ Floraison-dArnica-talus-Grand-Ballon-Juillet-2019.

La preuve la plus éclatante est sur la photo jointe prise début juillet sur la route des Crêtes (Photo N°1, cliquez pour agrandir). Il est incontestable que ces talus de route ont eux aussi connu le réchauffement climatique, le manque de neige et la sécheresse…, et pourtant ils sont couvert d’Arnica !!
Une fois de plus le Parc faillit à sa mission et plus grave, tente de cacher les responsabilités dont la sienne en protégeant les quelques agriculteurs destructeurs de la nature et de la biodiversité.

Au lieu de protéger la nature qui est sa raison d’être, le Parc couvre ceux qui la détruise.

2/ Floraison d’Anémone Pulsatile blanche, Hohneck

On observe un phénomène identique avec l’Anémone pulsatile blanche qui couvrait au printemps les chaumes du massif du Hohneck et a aujourd’hui pratiquement disparu de celles-ci. En revanche on la retrouve en abondance sur les talus bordant la route des crêtes (photo N° 2). Ces bas côtés ne sont plus fauchés précocement comme c’était le cas, il y a quelques années, et ils ne sont pas bien sür amendés ou retournés à des fins de productions intensives.

3/ Floraison d’Orchidées sp crêtes juillet 2019

D’autres fleurs en bénéficient (photo N° 3)

Il est urgent de mettre un terme définitif à ces pratiques, si l’on refuse de voir les Hautes Chaumes ressembler à terme à un terrain de golf.

Qu’attendent les « autorités » pour réagir à ces dérives. De multiples dispositifs réglementaires s’appliquent aux Hautes Vosges. Nous demandons que des analyses de sols soient réalisées par des scientifiques indépendants afin d’évaluer le niveau d’artificialisation des sols.

Le 07 juillet 2019

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